Chaque nuit, au Diadème, les oniroscopes capturent les songes des rêveurs venus y dormir. À l’aube, ils seront assemblés en œuvres artistiques multisensorielles qui seront vendues aux plus prestigieux musées du monde. Ender, lui, ne rêve pas. Il est gardien et doit veiller à ce qu’aucun intrus ne vienne perturber le sommeil des invités. Comme tous ses collègues, il passe le temps durant ses rondes en jouant au Chasse-monstre, un jeu plus ou moins innocent consistant à repérer l’un des Trente Cauchemars parmi les projections oniriques, tout en évitant de tomber lui-même endormi ou de fixer trop longtemps les apparitions, une erreur qui pourrait le plonger dans une hallucination cauchemardesque. Or, constate-t-il une certaine nuit, hallucination n’est peut-être pas le bon terme. Car s’il croit avoir enfreint une des règles cardinales en fixant trop longtemps le Changeface (le cauchemar le plus payant au Chasse-monstre !), le monde fantasmagorique dans lequel il se réveille lui semble affreusement réel. Non, non, tout cela n’est pas qu’un rêve.